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Deuil périnatal : quand le monde continue alors que votre bébé n’est plus là

15 Oct 2026 | Couple, Intimité, Maternité, Santé, Stress, Vie de famille

Ce matin encore, la notification est arrivée : « Cette semaine, votre bébé a la taille d’une mangue. » Vous n’avez pas eu le courage de désinstaller l’application. La supprimer, ce serait admettre.
Autour de vous, la vie a repris son cours. Les collègues parlent de leur week-end, les rendez-vous s’enchaînent. Pour vous, tout s’est figé. Vous vous dites que vous devriez aller mieux, maintenant. Que les autres ont tourné la page, et que vous êtes la seule à ne pas y arriver.
Ce que vous traversez porte un nom : le deuil périnatal. Une perte réelle, même quand elle reste invisible aux yeux des autres.

Tendresse matinale et tricot rose

Oui, il y avait un enfant. Oui, vous êtes sa mère.

On parle aussi de deuil périnatal pour toutes les pertes qui surviennent pendant la grossesse : la fausse couche, précoce ou tardive, l’interruption médicale de grossesse, la mort in utero. Derrière ces mots médicaux, il y a toujours la même réalité : un enfant attendu, imaginé, parfois déjà prénommé, qui ne grandira pas.

Il n’y a pas de hiérarchie dans la perte. Six semaines ou huit mois, une grossesse que personne ne connaissait encore ou un ventre que tout le monde avait vu s’arrondir : ce deuil ne se mesure pas selon un calendrier. Dès le test positif, souvent, vous avez commencé à faire de la place. Dans votre agenda, dans votre corps, dans vos projets.

Certaines d’entre vous ont dû accoucher d’un enfant mort-né. Traverser les contractions, l’effort, la salle de naissance, en sachant qu’aucun cri ne viendrait. Vous avez donné naissance à votre bébé. Vous l’avez peut-être tenu dans vos bras, regardé, nommé. D’autres n’ont pas eu le temps de savoir si ce serait une fille ou un garçon.

Mais, oui, vous êtes devenue mère, même si vos bras sont restés vides, même si vous êtes rentrée seule à la maison. Ce n’est pas juste une façon de parler. C’est ce que vit votre corps, et ce que sait votre cœur, même quand l’entourage ne le reconnaît pas.

Devenir mère commence bien avant la naissance : c’est un passage intérieur, souvent invisible.
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Pourquoi ce chagrin est si difficile à partager

Autour d’une naissance, il y a des faire-part, des visites, des cadeaux. Autour d’une perte de grossesse, il y a souvent le silence. Peu de gens savaient. Ceux qui savaient ne trouvent pas les mots, ou utilisent les mauvais.

« Vous êtes jeune, vous en aurez d’autres. » « C’est la nature qui a fait le tri. » « C’est le destin » « Au moins, c’était tôt. » Ces phrases se veulent consolantes. Mais elles blessent, parce qu’elles parlent d’un enfant remplaçable. Votre bébé n’était pas une tentative. Alors vous vous taisez. Vous reprenez le travail, vous souriez aux collègues, vous gardez vos larmes pour les soirs où personne ne vous voit.

Dans le couple aussi, le dialogue peut se compliquer. Vous n’avez pas vécu cette grossesse de la même façon : l’une l’a portée dans son corps, l’autre l’a attendue de l’extérieur. Les deuils n’avancent donc pas au même rythme. L’un pleure, l’autre se réfugie dans le travail ou l’organisation. Vous pouvez vous sentir seule, même à deux.

Le second parent est souvent le grand oublié : on lui demande de vos nouvelles, rarement des siennes. Un chagrin silencieux n’est pas un chagrin moins grand.

L’intimité, elle, se met souvent entre parenthèses. Le désir s’éteint, ou l’envie d’un nouvel enfant arrive très vite, chez l’un plus que chez l’autre. Se retrouver peau contre peau peut raviver la perte, ou la peur d’une nouvelle grossesse. En tant que sexothérapeute, je le constate souvent : ces décalages ne disent rien de la solidité de votre couple. Ils disent que chacun traverse la perte avec ce qu’il est.

Vous avez le droit d’avoir mal

Il n’y a pas de bonne façon de vivre un deuil périnatal, ni de délai au bout duquel vous devriez « aller mieux ». Colère, culpabilité, vide immense, besoin de parler ou de vous taire, difficulté à croiser des femmes enceintes : tout cela fait partie du chemin. Vous avez le droit de pleurer maintenant et des mois plus tard, à la date du terme prévu, ou encore devant un rayon de vêtements de bébé.

La culpabilité mérite une attention particulière. Vous repassez les jours en boucle : ce que vous avez mangé, porté, fait ou pas fait. Ce qui est arrivé n’est ni une punition, ni la conséquence d’un geste de trop.

Votre corps, lui, a sa propre mémoire. Les hormones de grossesse mettent du temps à redescendre. Après une perte tardive, le lait peut monter, comme pour nourrir un enfant absent. La fatigue, les saignements, les tensions dans le ventre ou la poitrine rappellent sans cesse ce qui s’est passé. La sophrologie peut, entre autres, vous aider à réapprivoiser ce corps, à l’apaiser, sans lui en vouloir.

Le deuil fait mal, mais il bouge : les vagues s’espacent, même si elles reviennent. Certains signes doivent en revanche vous alerter. Un sommeil qui ne revient pas, l’impossibilité d’assurer le quotidien, un vide qui ne laisse plus de place à rien, des idées noires. Dans ce cas, parlez-en sans attendre à votre médecin ou à votre sage-femme. Ce n’est pas un signe de faiblesse : votre douleur a simplement besoin d’un soin plus spécifique

Faire la différence entre une tristesse qui suit son cours et un épuisement qui s’installe n’est pas toujours simple. J’ai consacré un article aux signes qui doivent alerter après une naissance, et beaucoup valent aussi après une perte
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Trouver un espace pour votre chagrin

Il ne s’agit pas de « tourner la page », mais de faire une place à ce que vous vivez. Voici quelques pistes, à prendre ou à laisser selon ce qui vous parle.

Donnez une place à votre bébé, si vous le souhaitez. Un prénom, une boîte à souvenirs, une échographie encadrée, un arbre planté. Ces gestes ne prolongent pas la douleur : ils reconnaissent qu’un enfant a existé. Rien n’est obligatoire, et rien n’est trop tard.

Autorisez-vous à ne pas aller bien. Il suffit parfois de vous dire « aujourd’hui est une journée difficile » pour cesser de lutter contre elle. Vous n’avez rien à prouver à personne.

Laissez votre corps relâcher. Assise confortablement, les pieds bien à plat, posez une main sur le haut de votre poitrine, au niveau du cœur. Inspirez doucement par le nez en sentant votre main se soulever. Expirez lentement par la bouche, un peu plus longtemps, comme si vous laissiez descendre ce qui pèse. Répétez cinq fois, sans forcer. Si les larmes viennent, laissez-les venir : elles font partie du relâchement.

Parlez-vous à deux, sans comparer. Plutôt que de chercher qui souffre le plus, dites simplement ce qui est difficile pour vous en ce moment. Écouter le chagrin de l’autre, même s’il ne ressemble pas au vôtre, c’est déjà le partager.

Choisissez qui vous entoure. Vous avez le droit de vous éloigner un temps des personnes qui minimisent, et de vous rapprocher de celles qui savent simplement être là. Les groupes de parole entre parents offrent aussi cet espace où l’on n’a pas à se justifier.

Anticipez les dates difficiles. Le terme prévu, la date de la perte, la fête des mères : ces jours peuvent raviver la douleur. Prévoir un moment pour vous, un rituel, une personne à appeler, aide à ne pas être prise par surprise par les émotions qui remontent.

Besoin d’un moment pour souffler ?
Quand tout pèse, il suffit parfois de quelques minutes pour reprendre son souffle, ne penser qu’à soit. J’ai enregistré une pause guidée de 10 minutes, à écouter où vous voulez, quand vous en ressentez le besoin.
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Une première étape, à votre rythme

Le deuil périnatal ne se « guérit » pas. Il se traverse, et il se porte autrement avec le temps. Votre enfant gardera sa place ; c’est la douleur qui peut, peu à peu, desserrer son étreinte.

En séance, la sophrologie vous aide à apaiser le corps, à retrouver le sommeil et à accueillir les vagues d’émotion sans vous y perdre. Quand la perte touche aussi le couple et l’intimité, la sexothérapie offre un espace pour en reparler, seule ou à deux, sans tabou ni pression.

Il n’y a pas de bon moment pour demander de l’aide : il y a le vôtre. Je vous reçois dans mon cabinet du Mourillon, à Toulon, ou en visio où que vous soyez.

Vous n’êtes pas seule : les ressources pour être accompagnée

La sophrologie et la sexothérapie accompagnent un deuil, mais elles ne remplacent pas un suivi médical ni psychologique. N’hésitez pas à vous appuyer sur :

  • Votre médecin, votre sage-femme ou votre gynécologue, pour le suivi de votre corps après la perte et pour vous orienter.
  • Un psychologue, éventuellement pris en charge par l’Assurance maladie : votre médecin ou votre sage-femme peut vous adresser, vous et votre partenaire.
  • Le psychologue de la maternité où vous avez été suivie.
  • Les associations spécialisées dans le deuil périnatal, animées par des parents et des bénévoles formés à l’écoute : AGAPA, SPAMA, Petite Émilie. Elles proposent écoute, groupes de parole ou forums.
  • Le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24 h/24 et 7 j/7, si des idées noires apparaissent.
  • Vos droits : depuis le 1er janvier 2024, l’arrêt maladie après une fausse couche survenue avant 22 semaines d’aménorrhée est indemnisé sans jour de carence. Votre médecin ou votre sage-femme peut vous renseigner. La loi prévoit également la mise en place d’un parcours pluridisciplinaire associant professionnels médicaux et psychologues hospitaliers et libéraux pour accompagner les femmes confrontées à une fausse couche, ainsi que leur partenaire le cas échéant.

FAQ

Combien de temps dure un deuil périnatal ?
Il n’existe pas de durée normale. Chaque femme, chaque couple avance à son rythme, et la douleur peut revenir par vagues, notamment aux dates anniversaires. Ce qui compte, c’est que le chagrin évolue avec le temps, même lentement.

Une fausse couche précoce, est-ce vraiment un deuil ?
Oui. Le deuil périnatal concerne toutes les pertes de grossesse, quel que soit le terme. La douleur ne dépend pas du nombre de semaines, mais de la place que cet enfant avait déjà prise dans votre vie.

Comment vivre ce deuil à deux quand on ne le traverse pas au même rythme ?
Il est fréquent que les deux parents vivent la perte différemment. Plutôt que de comparer vos chagrins, essayez de dire simplement ce qui est difficile pour chacun. Un accompagnement de couple peut aider à renouer le dialogue et l’intimité.

Comment la sophrologie peut-elle aider après un deuil périnatal ?
La sophrologie aide à apaiser le corps, à retrouver le sommeil et à accueillir les émotions sans s’y perdre. Elle accompagne le deuil, sans remplacer le suivi médical ou psychologique. Je vous reçois à Toulon, au Mourillon, ou en visio.

Quand faut-il consulter après une perte de grossesse ?
Dès que vous en ressentez le besoin, sans attendre que la douleur soit « assez grande ». Un sommeil qui ne revient pas, un quotidien impossible à assurer ou des idées noires doivent vous amener à consulter rapidement votre médecin ou votre sage-femme.

 

Ce que vous venez de lire vous touche ?
Si vous ressentez le besoin d’en parler, je vous propose un premier échange offert, jusqu’à 30 minutes, par téléphone ou en visio, sans engagement.
Un temps pour faire le point sur ce que vous traversez, à votre rythme.
Faire le point avec Laetitia Juet

 

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A propos de l’auteur

Je suis Laetitia Juet, Sophrologue certifiée RNCP et sexothérapeute.
Ma pratique repose sur une conviction forte : Le bien-être passe par l’harmonie du corps et de l’esprit.

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signature de Laetitia Juet sophrologue à saint cloud

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