Ce qui s’efface, peu à peu
La maternité ne vous demande pas formellement de disparaître. Elle se contente d’occuper tout l’espace.
D’abord, c’est la fatigue. Pas seulement celle du manque de sommeil — celle, plus sourde, de toujours anticiper, d’être en état d’alerte permanent, de penser pour deux, puis peut-être pour trois ou quatre. La charge mentale ne s’arrête jamais vraiment. Même quand vous posez la tête sur l’oreiller, une partie de vous reste debout.
Ensuite, c’est le corps. Ce corps qui a porté, enfanté, nourri, et qui ne vous semble plus tout à fait le vôtre. Un corps sollicité de toutes parts — par votre enfant, votre partenaire, le regard des autres — mais pour lequel vous avez, vous, cessé d’avoir des désirs. Ou même simplement de l’attention.
Puis vient la culpabilité. Cette ombre fidèle et épuisante qui vous suit partout : vous ne faites pas assez, vous ne donnez pas assez, vous n’avez plus le droit de penser à vous. La bonne mère, cette figure fantasmée, n’a pas de besoins propres. Elle rayonne, elle donne, elle ne manque de rien. Et vous, vous vous demandez pourquoi vous n’y arrivez pas.
Et au fond de tout ça — souvent la dernière chose que l’on accepte de regarder — il y a la question de l’identité. Qui êtes-vous, en dehors de votre rôle de mère ?
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Le mythe de la bonne mère et le silence qu’il impose
Nous vivons dans une société qui célèbre la maternité tout en l’enfermant dans des injonctions contradictoires. « Soyez présente, mais gardez du temps pour vous. » « Épanouissez-vous, mais ne négligez pas votre enfant. » « Retrouvez votre corps, mais acceptez-le tel qu’il est. » « Prenez soin de votre couple, mais soyez une mère irréprochable. »
Ces injonctions sont épuisantes. Et elles ont un effet très concret : elles rendent la souffrance silencieuse.
Vous vous dites que si vous souffrez, c’est que vous n’êtes pas à la hauteur. Parce que si d’autres femmes y arrivent, alors vous aussi, vous devriez être heureuse. Alors vous vous taisez. Vous fonctionnez. Vous vous occupez de tout le monde — et vous vous oubliez.
Ce que j’observe dans mon cabinet, c’est que beaucoup de femmes arrivent non pas parce qu’elles vont très mal, mais parce qu’elles ont cessé de savoir comment elles vont. Elles ont perdu le fil. Pas dramatiquement — progressivement. Et c’est précisément ce qui rend ce passage si difficile à saisir : il ne ressemble pas à une crise. Il ressemble à une lente disparition.
« Qui étiez-vous avant ? »
C’est l’une des premières questions que je pose, en séance.
Pas pour idéaliser la vie d’avant. Pas pour suggérer que vous étiez mieux sans enfant. Mais parce que cette femme-là — celle d’avant — elle existe encore. Elle n’a pas disparu. Elle attend, quelque part sous les couches de fatigue, de responsabilités et d’injonctions.
Alors je pose des questions simples, qui ouvrent parfois des espaces inattendus :
Qu’est-ce qui vous faisait vibrer ? Qu’est-ce qui vous passionnait, que vous avez mis de côté ? Qu’est-ce que vous faisiez de votre temps libre, quand vous en aviez ? Qu’est-ce que vous aimez, en dehors de votre rôle de mère ?
Ces questions peuvent sembler anodines. Elles ne le sont pas. Pour beaucoup de femmes, elles provoquent un silence — le silence de quelqu’un qui réalise qu’il n’y a plus pensé depuis longtemps. Et dans ce silence, il y a quelque chose d’essentiel à écouter.
Sophrologie Traverser les passages invisibles de la maternité — Pause audio offerte
Votre statut de mère ne vous définit pas entièrement
C’est quelque chose que je dis souvent, et que je veux vous dire ici clairement : vous êtes d’abord vous. Ensuite vient le rôle de mère.
Ce n’est pas un manque d’amour. Ce n’est pas de l’égoïsme. C’est une réalité fondamentale, que notre société tend à inverser : une femme qui s’oublie complètement ne peut pas, sur le long terme, prendre soin des autres de façon juste et apaisée.
Oser prendre du temps pour vous — même dix minutes, même imparfaitement — ce n’est pas vous soustraire à votre rôle de mère. C’est en être une version plus entière, plus présente, plus ancrée.
Se reconnecter à soi ne demande pas une révolution. Cela demande de commencer à se poser les bonnes questions. Et d’accepter que les réponses méritent votre attention.
Vous n’avez pas disparu. Vous êtes en attente.
Ce passage que vous traversez — cet effacement progressif de vous-même derrière vos rôles — il a un nom. Il est connu. Il est traversé par des milliers de femmes, en silence, en croyant que c’est leur problème, leur manque, leur défaillance.
Ce n’est pas votre défaillance. C’est un passage. Et comme tous les passages, il se traverse mieux quand on ne le fait pas seule, et quand on dispose des bons outils pour avancer.
La sophrologie et la sexothérapie m’ont appris que le chemin vers soi passe souvent par le corps : retrouver son souffle, relâcher la pression intérieure, reconnecter le mental et le physique. Ce n’est pas magique. Ce n’est pas immédiat. Mais c’est possible.
Une première étape, si vous êtes prête
Si ce que vous venez de lire vous parle — si quelque chose en vous s’est reconnu dans ces lignes — je vous propose un premier pas très concret.
J’ai créé une pause audio guidée de 10 minutes, pensée spécifiquement pour les femmes qui n’ont plus une minute pour elles. Pas une promesse de transformation. Juste un espace. Un souffle. Un moment où vous posez, le temps de dix minutes, tout ce que vous portez.
Elle est offerte. Sans engagement.
Parce que vous méritez, vous aussi, d’avoir un espace rien que pour vous.
FAQ
Pourquoi est-ce que je ne me reconnais plus depuis que je suis mère ? Parce que la maternité ne vous demande pas formellement de disparaître — elle se contente d’occuper tout l’espace. La fatigue, la charge mentale, les sollicitations constantes, la culpabilité : tout cela s’accumule progressivement, silencieusement, jusqu’à ce que vous réalisiez que vous avez perdu le fil de vous-même. Ce n’est pas un signe de faiblesse. C’est l’un des passages invisibles les plus fréquents de la maternité.
Est-ce que s’effacer derrière son rôle de mère est inévitable ? Non. Mais c’est courant — et souvent encouragé, sans qu’on s’en rende compte. Notre société envoie des injonctions contradictoires aux mères, qui finissent par se taire et fonctionner en pilote automatique. Ce que j’observe dans mon cabinet, c’est que cet effacement n’est pas une fatalité : il se traverse, et il existe des outils concrets pour ne pas s’y perdre durablement.
Qu’est-ce que les « passages invisibles de la maternité » ? C’est le nom que je donne aux transformations profondes que vivent les femmes à travers la maternité — sans carte, sans mode d’emploi, et souvent sans même en avoir pleinement conscience. Ils ne ressemblent pas à une crise. Ils ressemblent à une lente disparition : on s’oublie, on ne se reconnaît plus, on ne sait plus très bien comment on va. Ces passages sont réels, connus, et traversés par des milliers de femmes en silence.
Comment la culpabilité empêche-t-elle les mères de prendre soin d’elles ? La culpabilité fonctionne comme une ombre : elle vous suit partout et vous répète que vous ne faites pas assez, que vous n’avez plus le droit de penser à vous. Elle entretient le mythe de la « bonne mère » — cette figure fantasmée qui n’a pas de besoins propres. Résultat : vous vous taisez, vous fonctionnez, vous vous occupez de tout le monde. Et vous vous oubliez. Nommer ce mécanisme est souvent la première étape pour s’en libérer.
Par où commencer pour se reconnecter à soi quand on est mère ? Par des questions simples, mais essentielles : qu’est-ce qui vous faisait vibrer avant ? Qu’est-ce que vous aimez, en dehors de votre rôle de mère ? Se reconnecter à soi ne demande pas une révolution. Cela demande de commencer à se poser les bonnes questions — et d’accepter que les réponses méritent votre attention. Une première étape concrète : ma pause audio guidée de 10 minutes, offerte et sans engagement.
Ce que vous venez de lire vous touche et vous avez envie d’en parler ? Je vous invite à réserver votre appel découverte offert de 30 minutes — un espace rien que pour vous, sans engagement, pour faire le point ensemble.
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