Il y a un moment que beaucoup de mères connaissent, sans toujours oser le nommer.
Vous vous regardez dans un miroir — ou parfois dans le reflet d’une vitrine, prise au dépourvu — et vous avez cette pensée étrange : « Qui est cette femme ? » Pas d’inquiétude, pas de détresse spectaculaire. Juste un léger vertige. Une impression de ne plus tout à fait vous reconnaître.
Vous aimez votre enfant. Profondément, totalement. Et pourtant, depuis qu’il est là, quelque chose en vous semble s’être mis en veille. Progressivement, silencieusement, sans que vous ayez eu le temps de vous en apercevoir.
Ce n’est pas de la dépression. Ce n’est pas de l’ingratitude. C’est ce que j’appelle un passage invisible de la maternité : ces transformations profondes que les femmes traversent sans carte, sans mode d’emploi, et souvent sans même en avoir conscience.



