Septembre : réunion de rentrée, objectifs fixés, tableau de bord à jour. Sept semaines plus tard, vous posez enfin quelques jours pour passer du temps en famille. Sur le frigo, le programme des vacances ressemble étrangement à un planning de projet : accrobranche lundi, musée mardi, cousins jeudi.
Vous vous dites qu’il faut rentabiliser chaque journée. Que ces vacances doivent être réussies, presque mesurables : des sorties, des souvenirs, des enfants satisfaits.
Pourtant, il n’y aura ni entretien annuel, ni augmentation à la clé. Personne ne viendra saluer vos résultats. Viser le sans-faute vous coûtera votre énergie, le plus souvent pour zéro reconnaissance.
Santé
Deuil périnatal : quand le monde continue alors que votre bébé n’est plus là
Ce matin encore, la notification est arrivée : « Cette semaine, votre bébé a la taille d’une mangue. » Vous n’avez pas eu le courage de désinstaller l’application. La supprimer, ce serait admettre.
Autour de vous, la vie a repris son cours. Les collègues parlent de leur week-end, les rendez-vous s’enchaînent. Pour vous, tout s’est figé. Vous vous dites que vous devriez aller mieux, maintenant. Que les autres ont tourné la page, et que vous êtes la seule à ne pas y arriver.
Ce que vous traversez porte un nom : le deuil périnatal. Une perte réelle, même quand elle reste invisible aux yeux des autres.
Cancer du sein : réapprivoiser son corps et sa féminité
Vous êtes devant le miroir. Les traitements sont terminés. Autour de vous, on vous dit que c’est fini, que vous allez pouvoir « reprendre votre vie normale ». Alors pourquoi cette femme dans le miroir vous semble-t-elle si étrangère ?
Ce corps a changé. Cette peau, ces cicatrices, cette silhouette différente — ce n’est plus tout à fait le corps que vous connaissiez, et pourtant c’est bien vous. On vous a beaucoup parlé de guérison. On vous a peu parlé de ce qui se joue en silence : ce lien à votre féminité qu’il faut réapprendre, presque à zéro.
Ce mois d’Octobre Rose, on parle de dépistage, de prévention, de courage pendant la maladie. On parle moins de l’après — de ce moment où il faut retrouver le chemin vers son propre corps, sa sensualité, son désir. Non pas pour redevenir la femme d’avant, mais pour habiter pleinement celle que vous êtes devenue.





